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Quelle est la place de la chirurgie ?

Points clés

La chirurgie est parfois nécessaire lors de situations spécifiques.

Dans les cas de lombalgie non-spécifiques, les recommandations actuelles favorisent toutefois un traitement sans chirurgie pour la majorité des patients.

La chirurgie est un moyen de traitement qui peut s’avérer lourd en comparaison aux prises en charges conservatrices citées dans les chapitres précédents. De manière générale, un traitement non chirurgical est priorisé lors de lombalgie. Ainsi la chirurgie devrait rester réservée à certains cas spécifiques exposés dans le chapitre Le mal de dos est très fréquent et normal,c’est-à-dire lors de la présence de signes et symptômes justifiant une analyse urgente de la situation et une possible intervention chirurgicale immédiate.

Un traitement non chirurgical est priorisé lors de lombalgie.

Il est important de savoir qu’une opération (fusion entre deux vertèbres par exemple), sans complément d’exercices, n’est pas plus efficace pour diminuer les symptômes qu’un traitement non chirurgical (Mannion et al., 2016). En effet, cette étude suggère qu’il n’y a pas de bénéfices supplémentaires sur l’intensité des douleurs et sur la limitation des activités. De plus, des comparaisons ont été effectuées entre un programme de réhabilitation et une chirurgie. Cette dernière alternative n’a pas montré de meilleurs résultats par rapport au programme (Balagué et al., 2012) et reste plus risquée et coûteuse (Foster et al., 2018). À nouveau, pour illustrer ces explications, prenons l’exemple d’une hernie discale. À partir d’un certain âge, une atteinte des disques vertébraux est commune et souvent asymptomatique, comme expliqué dans le chapitre “Ai-je besoin d’une radiographie ou d’une IRM ?”. Effectivement, une hernie, par exemple, peut causer des douleurs ou non dans votre dos. Dans plusieurs cas, des interventions chirurgicales sont proposées pour corriger le problème. Cependant, une chirurgie implique des risques et des coûts pour la personne, qui ne sont clairement pas négligeables. De plus, la plupart du temps les hernies discales sont capables de se résorber seules avec le temps (Panagopoulos et al., 2016). C’est un point positif qui permet de faire pencher la balance du côté non chirurgical et qui évite passablement de risques liés à la chirurgie. Attention, il est important de prendre ces propos avec précaution. Parfois, cette dernière est l’unique moyen de traitement, et cela peut également dépendre de vos préférences et points de vue. Les recommandations actuelles favorisent toutefois un traitement sans chirurgie dans un premier temps (National Guideline Centre, 2016). En cas de doute, un deuxième avis est souvent une alternative intéressante !

Pour des informations supplémentaires concernant la chirurgie du dos, vous pouvez consulter ce lien des hôpitaux universitaires de Genève.

Bibliographie

Mannion A.F., Brox, J.I., & Fairbank, J.C. (2016). Consensus at last ! Long-term results of all randomized controlled trials show that fusion is no better than non-operative care in improving pain and disability in chronic low back pain. The Spine Journal : Official Journal of the North American Spine Society, 16(5), 588-590. doi: 10.1016/j.spinee.2015.12.001

Balagué, F., Mannion, A.F., Pellisé, F., & Cedraschi, C. (2012). Non-specific low back pain. The Lancet, 379, 482-491. doi : 10.1016/S0140-6736(11)60610-7

Foster, N. E., Anema, J. R., Cherkin, D., Chou, R., Cohen, S. P., Gross, D. P., … Lancet Low Back Pain Series Working Group. (2018). Prevention and treatment of low back pain: evidence, challenges, and promising directions. Lancet (London, England), 391(10137), 2368‑2383. doi:10.1016/S0140-6736(18)30489-6

National Guideline Centre. (2016). Low back pain and sciatica in over 16s : assessment and management, Assesment and non-invasive treatments. National Institute for Health and Care Excellence : Clinical Guidelines, 59. ISBN 978-1-4731-2188-1               

Panagopoulos, J., Hush, J., Steffens, D., & Hancock, M. J. (2016). Do MRI Findings Change Over a Period of Up to One Year in Patients With Low Back Pain and/or Sciatica? A Systematic Review. Spine (Phila Pa 1976), 42(7), 504‑512. doi :10.1097/brs.0000000000001790