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Ai-je besoin d’une radiographie ou d’une IRM ?

Points clés

Dans la majorité des cas, un examen radiologique ne permettra ni d’identifier la cause de votre mal de dos, ni de proposer un meilleur traitement.

Des atteintes visibles sur les imageries sont fréquentes chez les personnes n’ayant pas mal au dos.

Dans la plupart des situations, ces atteintes ne sont pas corrélées aux symptômes.

Dans le 90% des maux de dos, faire un examen radiologique n’est pas nécessaire. En effet, les recommandations actuelles affirment qu’il n’est pas nécessaire de prescrire un examen radiologique lors d’un épisode de mal de dos (National Guideline Centre, 2016). Il existe toutefois certaines situations, environ 5 à 10% des cas, où les examens radiologiques peuvent être utiles (Hartvigsen et al., 2018 ; O’Sullivan & Lin, 2014 ; Reito et al., 2018). Il s’agit des cas où un professionnel de santé suspecte une pathologie spécifique (lors de la présence d’éléments spécifiques énoncés dans le chapitre “le mal de dos est très fréquent et normal”) ou lors d’une atteinte nerveuse. Les questions qu’il vous aura posées ainsi que son examen clinique suffisent toutefois à savoir si l’imagerie est nécessaire.

Voici quelques explications qui vont vous permettre de mieux comprendre pourquoi un examen radiologique n’est pas utile dans la majorité des situations. Pour beaucoup de monde, avoir mal au dos signifie avoir une lésion ou une blessure. Est-ce que j’ai une hernie discale ? De l’arthrose ? Qu’est-ce qui crée ma douleur ? Normalement, si les douleurs de dos étaient uniquement causées par de l’arthrose ou des problèmes au niveau des disques intervertébraux, ces « atteintes » devraient toujours provoquer des douleurs et le niveau de douleur ressenti devrait être corrélé avec la quantité d’atteinte présente sur les images. Or, ce n’est souvent pas le cas. Par exemple, une synthèse d’études démontre qu’à l’âge de 50 ans, 80% des personnes qui n’ont PAS mal au dos ont des signes de dégénérescence discale, c’est-à-dire des signes indiquant une dégradation de la qualité des disques (Brinjikji et al., 2015).

D’autres études montrent que la « gravité » des atteintes observées sur l’IRM (au niveau des disques ou des articulations) n’est pas associée à l’intensité des symptômes ou au niveau de handicap (Berg et al., 2013). De plus, l’évolution sur l’image (IRM ou radiographie) n’est pas toujours en relation avec l’évolution des symptômes (McNee et al., 2011 ; Suri et al., 2014). Cela signifie donc que l’on peut avoir beaucoup d’« atteintes » sur les images et peu de symptômes et vice-versa. Il est maintenant assez clair pour les spécialistes du dos que la majorité des « atteintes » que l’on retrouve à l’imagerie sont des choses normales liées à l’évolution du corps, tout comme il est normal d’avoir des rides ou des cheveux blancs. L’imagerie ne permet donc pas d’identifier clairement la cause des douleurs.

Adapté de Brinjikji et al., 2015

Les recommandations actuelles affirment qu’il n’est pas nécessaire de prescrire un examen radiologique lors d’un épisode de douleur de dos.

Ce qu’il est très important de retenir, c’est que pour la majorité des cas, faire une radiographie ou une IRM ne permettra PAS d’améliorer le diagnostic ni le traitement des douleurs de dos. Des études ont même montré qu’une IRM précoce (et inutile) aura tendance à favoriser une prise en charge plus agressive (par exemple, avec plus d’infiltrations ou de chirurgie) et des résultats moins bons en comparaison aux personnes n’ayant pas eu d’IRM (Chou et al. 2009; Webster et al. 2013).

Bibliographie

National Guideline Centre. (2016). Low back pain and sciatica in over 16s : assessment and management, Assesment and non-invasive treatments. National Institute for Health and Care Excellence : Clinical Guidelines, 59. ISBN 978-1-4731-2188-1

Hartvigsen, J., Hancock, M., Kongsted, A., Louw, Q., Ferreira, M.L., Genevay, S., Hoy, D., Karppinen, J., Pransky, G., Sieper, J., Smeets, R.J., Underwood, M., & Lancet Low Back Pain Series Working Group. (2018). What low back pain is and why we need to pay attention. The Lancet. doi: 10.1016/S0140-6736(18)30480-X

O’Sullivan, P., & Lin, I.B. (2014). Acute low back pain : Beyond drug therapies. Pain Management Today, 1(1), 8-13. Repéré à https://www.researchgate.net/

Brinjikji, W., Luetmer, P.H., Comstock, B., Bresnahan, B.W., Chen, L.E., Deyo, R.A., Halabi, S., Turner, J.A., Avins, A.L., James, K., Wald, J.T., Kallmes, D.F., & Jarvik, J.G. (2015). Systematic literature review of imaging features of spinal degeneration in asymptomatic populations. American Journal of Neuroradiology, 36(4), 811-816. doi:10.3174/ajnr.A4173

Berg, L., Hellum, C., Gjertsen, Ø., Neckelmann, G., Johnsen, L.G., Storheim, K., Brox, J.I., Eide, G.E., Espeland, A., & Norwegian Spine Study Group. (2013). Do more MRI findings imply worse disability or more intense low back pain ? A cross-sectional study of candidates for lumbar disc prosthesis. Skeletal Radiology, 42(11), 1593-1602. doi : 10.1007/s00256-013-1700-x

McNee, P., Shambrook, J., Harris, E.C., Kim, M., Sampson, M., Palmer, K.T., & Coggon, D. (2011). Predictors of long-term pain and disability in patient with low back pain investigated by magnetic resonance imaging : a longitudinal study. BMC Musculoskeletal Disorders, 12, 234. doi : 10.1186/1471-2474-12-234

Suri, P., Boyko, E.J., Goldberg, J., Forsberg, C.W., & Jarvik, J.G. (2014). Longitudinal associations between incident lumbar spine MRI findings and chronic low back pain or radicular symptoms : retrospective analysis of data from the longitudinal assessment of imaging and disability of the back (LAIDBACK). BMC Musculoskeletal Disorders, 15, 152. doi : 10.1186/1471-2474-15-152

Chou, R., Fu, R., Carrino, J.A., & Deyo, R.A. (2009). Imaging strategies for low-back pain : systematic review and meta-analysis. The Lancet, 373(9662), 463-472. doi : 10.1016/S0140-6736(09)60172-0

Webster, B.S., Bauer, A.Z., Choi, Y., Cifuentes, M., & Pransky, G.S. (2013). Iatrogenic Consequences of Early Magnetic Resonance Imaging in Acute, Work-Related, Disabling Low Back Pain. Spine, 38(22), 1939-1946. doi:10.1097/BRS.0b013e3182a42eb6