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Le mal de dos est-il lié à de mauvaises postures ?

Points clés

Les courbures naturelles de la colonne vertébrale, qu’elles soient marquées ou non, ne sont pas une cause du mal de dos.

Il n’existe pas une bonne ou une mauvaise posture mais différentes alternatives.

Utiliser des postures plus confortables peut être utile lors de douleurs de dos (même des postures souvent bannies, comme être avachi).

Même si la position assise peut être souvent douloureuse, le fait d’être souvent assis n’est pas une cause indépendante de mal de dos.

Par contre, bouger régulièrement, changer de positions et faire de l’activité physique est important pour votre santé et votre dos.

Il existe une croyance populaire, encore très répandue, qui suggère qu’il y a des bonnes et des mauvaises façons de se tenir (postures). En effet, qui n’a jamais entendu, étant enfant, “tiens-toi droit sinon tu auras mal au dos plus tard !”. Il se peut que cela nous revienne en mémoire lorsque nous avons mal au dos. Qu’en est-il vraiment ?

Tout d’abord, chaque personne a une morphologie propre, avec plus ou moins de courbures au niveau de son dos. Sur ce point, plusieurs études ont mis en évidence que les courbures naturelles de la colonne vertébrale, plus ou moins marquées, n’influencent pas la survenue d’une lombalgie (Christensen & Hartvigsen, 2008). Cela signifie que le fait d’avoir naturellement le dos plutôt « arrondi » ou au contraire « creusé » n’influence pas directement le mal de dos.

Les courbures naturelles de la colonne vertébrale, plus ou moins marquées, n’influencent pas la survenue d’une lombalgie.

De plus, la manière dont nous nous tenons assis ou debout (le bon vieux : « Tiens-toi droit ») est souvent décrite comme une possible cause du mal de dos. Cependant, de nombreuses études montrent qu’il n’existe pas d’association directe entre les positions que l’on adopte et le mal de dos (Roffey et al., 2010 ; Kwon et al., 2011). Dès lors, il n’existe pas UNE mauvaise posture qui pourrait être tenue comme responsable du mal de dos ou une seule bonne posture à adopter. Par exemple, le fait de se tenir en permanence droit n’apporte pas la garantie de ne jamais connaître de douleurs au dos. Il existe donc différentes alternatives, probablement autant de postures qu’il y a de personnes différentes.

Lors d’un épisode de douleurs au dos, certaines personnes auront cependant plus de douleurs dans certaines positions. Dès lors, un changement de la façon de se tenir peut avoir un effet bénéfique sur les symptômes (O’Sullivan et al., 2015 ; Vibe Fersum et al., 2013). Certaines personnes pourront être soulagées en se tenant plus redressée, tandis que d’autres le seront en étant plus relâchée. Il n’y aucun risque à explorer différentes postures et utiliser celles dans lesquelles vous vous sentez confortables. Vous pouvez consulter le chapitre “Comment bouger en cas de douleurs de dos et à quel rythme ?” pour obtenir des conseils supplémentaires à ce sujet.

En ce qui concerne plus précisément la position assise prolongée, des études ont montré qu’il n’existe pas de lien de causalité entre le fait d’être longtemps assis et le mal de dos (Roffey et al., 2010). Cela signifie que si vous êtes obligé d’être longtemps assis à votre travail, vous n’êtes pas condamné à avoir mal au dos. Par contre, si vous devez être beaucoup assis dans votre activité professionnelle, il est conseillé de se lever régulièrement durant la journée, de varier les positions et de pratiquer des activités physiques le reste du temps.

Il est maintenant clair que le dos à besoin de mouvement (Booth et al., 2017). En effet, les mouvements réguliers facilitent le relâchement musculaire évitant ainsi cette sensation de raideur (Groclaude & Ziltener, 2010). De plus, lorsque nous bougeons régulièrement et que nous varions les positions, les différentes structures composant le dos, notamment les disques intervertébraux, bénéficient d’un meilleur apport de nutriments. Ces derniers sont comme des éponges plongées dans l’eau. Lorsqu’on les serre, l’eau sort et lorsqu’on les relâche, ils reprennent leur forme initiale et l’eau, alors chargée en nutriments, revient à l’intérieur. Les mouvements sollicitant le dos rendent donc possible ce phénomène de va-et-vient et permettent de nourrir de manière adéquate ces structures (Mulholland, 2008).

Bibliographie

Christensen, S.T., & Hartvigsen, J. (2008). Spinal curves and health : a systematic critical review of the epidemiological literature dealing with associations between sagittal spinal curves and health. Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics, 31(9), 690-714. doi: 10.1016/j.jmpt.2008.10.004

Roffey, D.M., Wai, E.K., Bishop, P., Kwon, B.K., & Dagenais, S. (2010). Causal assessment of awkward occupational postures and low back pain : results of a systematic review. The Spine Journal : Official Journal of the North American Spine Society, 10(1), 89–99. doi:10.1016/j.spinee.2009.09.003

Kwon, B.K., Roffey, D.M., Bishop, P.B., Dagenais, S., & Wai, E.K. (2011). Systematic review: occupational physical activity and low back pain. Occupational Medicine, 61(8), 541–548. doi:10.1093/occmed/kqr092

Booth, F.W., Roberts, C.K., Thyfault, J.P., Ruegsegger, G.N., & Toedebusch, R.G. (2017). Role of inactivity in chronic diseases: evolutionary insight and pathophysiological mechanisms. Physiological Reviews, 97(4), 1351-1402. doi:10.1152/physrev.00019.2016

Mulholland, R. C. (2008). The myth of lumbar instability : the importance of abnormal loading as a cause of low back pain. European Spine Journal, 17(5), 619-625. doi : 10.1007/s00586-008-0612-2

Groclaude, M., & Ziltener, J.L. (2010). Les bienfaits de l’activité physique (et/ou les méfaits de la sédentarité). Revue médicale Suisse, 6, 1495-1498. Repéré à https://www.revmed.ch/

O’Sullivan, K., Dankaerts, W., O’Sullivan, L., & O’Sullivan, P.B. (2015). Cognitive Functional Therapy for Disabling Nonspecific Chronic Low Back Pain : Multiple Case-Cohort Study. Physical Therapy, 95(11), 1478-1488. doi: 10.2522/ptj.20140406

Vibe Fersum, K., O’Sullivan, P., Skouen, J.S., Smith, A., & Kvåle, A. (2013). Efficacy of classification- based cognitive functional therapy in patients with non-specific chronic low back pain : a randomized controlled trial. European Journal of Pain, 17(6), 916-928. doi:10.1002/j.1532- 2149.2012.00252.x